Si l'augmentation du coût de la santé et la baisse des remboursements affectent de nombreux ménages français, la situation apparaît encore plus dramatique pour les jeunes étudiants qui se privent volontiers d'une complémentaire santé pour assurer le maintien de leur pouvoir d'achat qui s'élève en moyenne à 600 euros par mois. Les chiffres communiqués par l'UNEF et la FAGE témoignent de l'ampleur du phénomène : 34% des étudiants auraient renoncé aux soins au cours de l'année universitaire 2010-2011 faute de moyens financiers suffisants.
Les étudiants sont aussi une population vulnérable dans la mesure où ils sont généralement très mal informés sur le fonctionnement du système de santé. La situation se serait ainsi considérablement compliquée au cours de l'année dernière où 20% des étudiants reconnaissent une dégradation de leur état de santé. 10% d'entre eux avouent aussi être victime d'une maladie chronique.
Selon une étude publiée en mai dernier, 50% des étudiants ont une mauvaise perception de notre système de santé et ils estiment que ce dernier ne permet plus d'être bien soigné. Aujourd'hui, 19% des étudiants n'ont pas de complémentaire santé alors que dans le reste de la population, ce taux s'élève qu'à 5%. Entre les réformes de l'assurance maladie, le déremboursement des médicaments, et les franchises imposées par les assurances, ces étudiants sont confortés dans l'idée que notre système de santé est à deux vitesses.
Le recours à l'automédication tend aujourd'hui à se généraliser dans le milieu estudiantin ce qui ne sera pas sans conséquence sur l'avenir sanitaire du pays. La santé fragile de nos étudiants n'est pas uniquement physique, de plus en plus de cas de déprime sont aujourd'hui constatés (38% d'entre eux reconnaissent être passés par une dépression).
Rédigé par K.Dronet